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By: natureplus On: January 25, 2021 In: Non classé Comments: 0

Nature+, associée à des institutions de recherche et universitaires, a participé à un projet destiné à développer des outils génétiques et isotopiques afin d’améliorer la traçabilité des bois tropicaux. Un exemple par excellence d’un processus de recherche appliquée à la gestion durable des massifs forestiers !

Projet « Development & implementation of a species identification and timber tracking system with DNA fingerprints and isotope in Africa »

(Développement et mise en œuvre en Afrique d’un système d’identification des espèces et de traçabilité du bois d’œuvre par empreintes génétiques et isotopiques)

L’exploitation et le commerce illégaux de bois génèrent nombre de problèmes économiques et écologiques, aussi bien dans les pays producteurs que consommateurs. Les instruments de contrôle existants ont fait leurs preuves, mais ne peuvent pas toujours garantir l’identité des espèces exploitées, ni l’origine géographique du bois. Aujourd’hui, les faibles coûts des outils génétiques et d’isotopes stables ont permis la mise en œuvre de ce projet novateur. Le projet a été financé en grande partie par l’OIBT (Organisation Internationale des Bois Tropicaux, ou ITTO en anglais ; www.itto.int) et ambitionnait spécifiquement :

  1. D’utiliser l’anatomie du bois et la technique des « codes-barres » génétiques pour lutter contre le mélange ou la confusion des espèces : 21 espèces étaient ciblées,
  2. D’utiliser des caractéristiques génétiques et isotopiques pour retrouver l’origine géographique de trois des principales espèces commerciales d’Afrique Centrale : l’ayous (Triplochiton scleroxylon), le sapelli (Entandrophragma cylindricum) et l’iroko (Milicia excelsa et M. regia).

Nature+ était partenaire de ce projet géré par Thünen Institute (Allemagne) et associant une douzaine d’organismes d’Afrique (Gabon et Kenya), d’Europe (Allemagne, Autriche, Belgique, Royaume-Uni) et d’Océanie (Australie). Globalement, l’anatomie du bois permet de différencier aisément 75% des espèces cibles. Les codes-barres génétiques quant à eux, ont fourni des résultats mitigés.

Observations des résultats d’une électrophorèse de marqueurs microsatellites.

En ce qui concerne particulièrement l’identification de l’origine géographique des trois espèces principales (ayous, iroko et sapelli), un total de 869 échantillons de bois destinés aux analyses isotopiques et 4.221 échantillons génétiques (feuille ou cambium) ont été collectés à travers toute l’Afrique subsaharienne. Les résultats font ressortir une forte différenciation géographique, aussi bien pour les isotopes que le génome, mais les « frontières isotopiques et génétiques » coïncident rarement avec des limites nationales. Les « chances » de retrouver le pays d’origine d’un individu varient de 30 à 100% en fonction de l’espèce et de l’individu. Un test de la méthode a consisté à vérifier l’origine d’échantillons de bois dont la provenance avait été cachée aux analystes (“blind test”). Le pays d’origine a pu être correctement identifié pour 55 à 83% des cas, en fonction de l’espèce.

Le projet a également permis de former plusieurs chercheurs africains et d’équiper pour les aspects génétiques trois laboratoires de référence au Kenya (KEFRI ; https://kefri.org), au Ghana (FORIG ; https://www.csir-forig.org.gh) et au Gabon (IRET ; https://labarcgabon.com/cenarest.html).

Les résultats détaillés du projet sont désormais librement téléchargeables à l’adresse suivante : https://www.thuenen.de/en/institutsuebergreifende-projekte/species-identification-and-timber-tracking-system-in-africa-with-dna-fingerprints-and-stable-isotopes-in-africa/